Comprendre les risques psychosociaux en 10 minutes

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Risques psychosociaux”, deux mots qui peuvent faire peur, notamment car ils sont employés à mauvais escient depuis quelques années. Dans cet article, nous revenons sur la définition des risques psychosociaux, sur les facteurs qui favorisent leur apparition et, surtout, les bonnes techniques à adopter afin de les prévenir efficacement.

Les conditions de travail évoluent, les risques aussi…

Le monde du travail évolue en permanence. Les entreprises s’internationalisent, les échanges se font de manière dématérialisée, les exigences d’efficacité auprès des salariés s’intensifient… Outre ces évolutions, le monde du travail est en lui-même un vecteur de stress : relations avec les collègues, hiérarchie, poids du travail, pression des objectifs, peur de l’échec, du renvoi…

La pression portée sur les salariés peut avoir des répercussions négatives sur leur santé et nuire au bon fonctionnement de votre entreprise. Voici une sélection de quelques chiffres qui appuient ce propos :

  • En France, 41% des salariés se disent stressés.
  • 47% des actifs occupés déclarent devoir se dépêcher (“toujours”, “souvent”).
  • 25% des salariés ont déjà été touchés par des problèmes psychologiques graves dus à leur travail.
  • Plus de 50% des absences sont dues à des problèmes de stress au travail

Ces chiffres sont impressionnants ! Quand on pense qu’il serait possible de multiplier par deux le travail fourni dans votre entreprise en jouant sur le seul facteur de stress des salariés cela fait méditer…

Ces éléments nous montrent en quoi il est important de rester vigilant au maintien de la qualité des conditions de travail. C’est ce qu’on appelle la prévention des “risques psychosociaux”.

Que sont les risques psychosociaux ?

En vue de leur impact important sur la qualité de vie au travail et sur l’efficacité entrepreneuriale, les risques psycho-sociaux prennent progressivement une place de plus en plus importante dans le monde de l’entreprise. Les risques psychosociaux ou “RPS” sont les risques d’une dégradation de l’intégrité physique ou de la santé mentale d’un ou de plusieurs salariés au sein d’une entreprise. En clair, il s’agit du risque qu’un salarié aille mal à cause de son travail dans l’entreprise.

La dégradation de l’état de santé d’un salarié peut être due à :

  • du stress : le salarié éprouve un déséquilibre entre la perception qu’il a des contraintes que lui impose son environnement et la perception qu’il a de ses propres ressources pour y faire face. Par exemple, le salarié a l’impression que la charge de travail que lui impose votre entreprise est trop lourde pour que lui seul puisse parvenir aux objectifs qui lui sont fixés. “Mon collègue est parti en congé parental et j’ai récupéré tous ses dossiers, je ne sais pas comment m’en sortir”, “Mon manager me demande de traiter directement avec le client mais je n’ai aucune donnée sur les précédents échanges”…
  • du harcèlement moral ou sexuel : de la part d’autres salariés, de la hiérarchie, de clients, de fournisseurs…
  • des violences externes ou internes : les violences externes sont les violences exercées par des tiers à l’entreprise comme par exemple un client mécontent qui insulte le salarié. Les violences internes sont les violences exercées par une autre personne de l’entreprise. On peut citer des violences verbales (insultes), harcèlement, humiliation, critiques incessantes…

Le mot risque nous indique que les RPS sont en fait une probabilité. Les risques psychosociaux constituent la probabilité qu’un événement dommageable pour le salarié puisse advenir. On parle de “lutter contre les risques psychosociaux”, c’est-à-dire tenter d’abaisser le plus possible le risque qu’un potentiel danger devienne réel. Evidemment le risque 0 n’existe pas mais il est de votre devoir en tant qu’employeur de limiter au maximum ces risques.

Les 6 facteurs de risques psychosociaux

Nous parlons de stress, de harcèlement, de violences auxquels il faut faire face mais cette lutte reste très abstraite. Difficile de dire : “je vais éradiquer le stress dans mon entreprise”. Afin de mieux maîtriser la prévention des risques, il est important de connaître les six facteurs favorisant leur apparition.

1. Les exigences du travail

C’est le facteur le plus évident. Ce qui est demandé en terme de travail aux salariés a un lien direct avec leur niveau de stress. On note bien sûr :

  • la quantité de travail demandée aux salariés
  • les délais impartis pour réaliser leurs missions : Ont-t-ils le temps nécessaire pour réaliser leurs tâches dans de bonnes conditions ?
  • les moyens mis à disposition pour réaliser leur travail : leur donne-t-on accès aux informations, logiciels, moyens de locomotion… pour réaliser leur travail sans accroche ?

Le travail en lui même est important à surveiller car il est très souvent la cause la plus évidente de dysfonctionnement dans les entreprises. Par ailleurs, il serait dangereux de négliger l’analyse de l’environnement de travail dans lequel évolue les salariés. Sont-ils constamment interrompus dans leurs tâches ce qui les empêche de se concentrer et de réaliser leur travail correctement ? C’est notamment le principal reproche adressé aux open spaces qui facilitent les relations sociales entre les collègues mais qui peuvent également aisément parasiter leurs capacités de concentration.

La nuisance sonore à laquelle est exposée le salarié constitue donc un indice important à prendre en compte pour évaluer la qualité de son environnement de travail. On peut également noter la conciliation entre la vie professionnelle et la vie personnelle des salariés. Une personne qui doit travailler le soir et le weekend en plus de ses horaires habituels est de ce fait davantage soumise au stress.

En clair, le travail est bien sûr exigeant par nature mais l’enjeu est de trouver la balance entre une exigence saine qui encourage les salariés à se dépasser et une exigence exacerbée qui, à terme, impactera négativement leur santé et donc la qualité de leur travail.

L’autonomie des salariés et leur marge de manœuvre

Ce facteur de risque est axé sur le degré d’indépendance donné à vos salariés dans la liste de leurs tâches et dans les moyens de les exécuter.

Quelle est la liberté des salariés dans leur travail ? Peuvent-ils prendre des initiatives ? Peuvent-ils prendre des décisions ? Sont ils contraints dans leur travail par leur manager ? Au contraire sont-ils laissés sans instruction ? Sont-ils formés pour le travail qu’ils effectuent ? Sont-ils soutenus par leur hiérarchie et leur collègues ?

Les exigences émotionnelles des salariés

Le travail proposé est-il difficile psychologiquement ? Pensons à des métiers comme la médecine où il est possible d’être confronté à des situation difficiles comme la mort de patients ou la maladie. Par ailleurs, les difficultés psychologiques peuvent également survenir bien en amont de la mort ou de la maladie.

Les violences verbales de clients mécontents (par exemple dans des plateformes de service après-vente) peuvent également être source de malaise voir de mal-être chez les salariés.

Les rapports sociaux et les relations de travail

Les rapports sociaux entre les différents salariés qu’ils soient collègues ou en rapport hiérarchique sont un grand pilier du bonheur et de l’épanouissement en entreprise.

Nous pouvons relever dans un premier temps le manque de collaboration comme un facteur de risques. Les salariés sont-ils amenés à travailler en groupe, à prendre des décisions collectives ? Sont-ils amenés à réfléchir ensemble à leur travail et à son amélioration ?

Dans cette analyse, il est également intéressant de s’attarder sur les relations hiérarchiques : les salariés sont-il à l’aise avec leurs supérieurs hiérarchiques ? Peuvent-ils communiquer ensemble ? Les managers font-ils preuve de reconnaissance envers leurs subordonnés (d’ailleurs sont-ils formés à cet effet ? Cela fait-il partie des valeurs de l’entreprise ?) Les soutiennent-ils dans leur travail ?

Les conflits de valeur et la qualité empêchée

Ce grand facteur de risque est lié aux valeurs de votre entreprise et à leur adéquation avec les valeurs des salariés. Un salarié peut vouloir que son travail ait “un sens”, c’est-à-dire qu’il ait une action positive par exemple sur l’écologie, les relations humaines, etc. Ici le salarié choisira une entreprise qui dans sa globalité a une vocation écologique ou sociale. Mais un salarié peut également vouloir que son travail à titre individuel soit porteur de valeurs ou d’une utilité concrète pour l’entreprise ou la société. Ce salarié qui choisirait un poste pour son caractère social et qui se rendrait compte dans la pratique que son poste n’a pas d’utilité sociale serait en contradiction avec ses valeurs.

L’insécurité de la situation de travail

Les salariés se sentent-ils en sécurité dans leur travail ? Effectuent-ils un travail pénible physiquement ou psychologiquement ? Ont-il confiance dans la pérennité de leur poste et de leur entreprise ? Sont-ils en accord avec la stratégie de l’entreprise ?

Pour résumer, les 6 principaux facteurs de risques psychosociaux sont :

  • Les exigences du travail
  • L’autonomie des salariés et leur marge de manœuvre
  • Les exigences émotionnelles des salariés
  • Les rapports sociaux et les relations de travail
  • Les conflits et valeur et la qualité empêchée
  • L’insécurité de la situation de travail sont

Ce sont sur ces facteurs qu’il faut jouer pour limiter les risques de dégradation de la santé des salariés.

Vous connaissez maintenant les facteurs de risques, mais comment agir concrètement sur ces facteurs pour diminuer les risques ? Quelles actions mettre en place ?

Prévenir les risques psychosociaux en entreprise

Nous avons vu les facteurs de risques psychosociaux en entreprise et en quoi ils étaient présent dans chaque organisation. Il nous faut maintenant savoir comment les prévenir.

La prévention des risques psychosociaux : une obligation légale des entreprises

Tout d’abord le point légal : quelles sont mes obligations en tant qu’employeur concernant la prévention des risques psychosociaux  ? Izilaw, spécialiste du droit du travail, nous informe.

Il est important de se mettre à jour des obligations légales en matières de risques psychosociaux. Voici les principaux articles du code du travail qu’il faut garder en tête. Il s’agit d’articles concernant l’ensemble des risques professionnels (physiques, mentaux) dont les risques psychosociaux font partie.

Article L- 4121-1 du code du travail

L’employeur prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs.

Ces mesures comprennent :

1° Des actions de prévention des risques professionnels ;

2° Des actions d’information et de formation ;

3° La mise en place d’une organisation et de moyens adaptés.

L’employeur veille à l’adaptation de ces mesures pour tenir compte du changement des circonstances et tendre à l’amélioration des situations existantes.

Article L- 4121-2 du code du travail

L’employeur met en oeuvre les mesures prévues à l’article L. 4121-1 sur le fondement des principes généraux de prévention suivants :

1° Eviter les risques ;

2° Evaluer les risques qui ne peuvent pas être évités ;

3° Combattre les risques à la source ;

4° Adapter le travail à l’homme, en particulier en ce qui concerne la conception des postes de travail ainsi que le choix des équipements de travail et des méthodes de travail et de production, en vue notamment de limiter le travail monotone et le travail cadencé et de réduire les effets de ceux-ci sur la santé ;

5° Tenir compte de l’état d’évolution de la technique ;

6° Remplacer ce qui est dangereux par ce qui n’est pas dangereux ou par ce qui est moins dangereux ;

7° Planifier la prévention en y intégrant, dans un ensemble cohérent, la technique, l’organisation du travail, les conditions de travail, les relations sociales et l’influence des facteurs ambiants, notamment les risques liés au harcèlement moral, tel qu’il est défini à l’article L. 1152-1 ;

8° Prendre des mesures de protection collective en leur donnant la priorité sur les mesures de protection individuelle ;

9° Donner les instructions appropriées aux travailleurs.

Article L- 4121-3 du code du travail

L’employeur, compte tenu de la nature des activités de l’établissement, évalue les risques pour la santé et la sécurité des travailleurs, y compris dans le choix des procédés de fabrication, des équipements de travail, des substances ou préparations chimiques, dans l’aménagement ou le réaménagement des lieux de travail ou des installations et dans la définition des postes de travail.

A la suite de cette évaluation, l’employeur met en oeuvre les actions de prévention ainsi que les méthodes de travail et de production garantissant un meilleur niveau de protection de la santé et de la sécurité des travailleurs. Il intègre ces actions et ces méthodes dans l’ensemble des activités de l’établissement et à tous les niveaux de l’encadrement.

Article R- 4121-1 du code du travail

L’employeur transcrit et met à jour dans un document unique les résultats de l’évaluation des risques pour la santé et la sécurité des travailleurs à laquelle il procède en application de l’article L. 4121-3.

Ces quatre articles nous donnent une bonne vision des obligations de l’employeur en terme de prévention des risques psychosociaux.

  • L’article L. 4121-1 nous informe d’une obligation de résultat : l’employeur doit mettre en place toutes les mesures nécessaires pour protéger ses salariés.
  • Cet article nous montre également que la prévention doit s’adapter à la vie de l’entreprise. Il ne s’agit pas de mettre en place des moyens pour protéger ses salariés et ne plus jamais y toucher. La prévention doit évoluer dans le temps en fonction de l’évolution de l’entreprise et donc des risques présents dans celle-ci.
  • L’article L.4121-2 nous donne quelques pistes préventives : ne pas attendre que les choses tournent mal pour mettre en place des actions de prévention, diminuer au maximum les risques et connaître les risques résiduels, agir sur les facteurs de risques les plus évidents cités première partie de cet article…
  • L’article L.4121-3 nous dit comment prévenir les risques psychosociaux : d’abord en les évaluant de manière méthodique puis, à partir de cette évaluation, en mettant en place les actions de prévention adaptées.
  • L’article R.4121-3 rappelle que les résultats de la démarche d’évaluation des risques psychosociaux doivent être consignés dans un document unique.

Si nous résumons, nous comprenons qu’en tant qu’employeur, vous devez évaluer les risques psychosociaux inhérents à votre entreprise, collecter les résultats de votre évaluation dans le document unique d’évaluation des risques (DUER) et mettre en place des actions pour faire disparaître ou du moins diminuer au maximum ces risques.

Quelle prévention et quelles actions ?

Pour bien remplir le DUER et bien prévenir les risques psychosociaux, il vous faut savoir qu’il existe trois types de prévention des risques psychosociaux : la prévention primaire, la prévention secondaire et la prévention tertiaire. Chacune de ces préventions est souvent nécessaire dans une entreprise.

La prévention primaire des risques psychosociaux

La prévention primaire des risques psychosociaux vise à supprimer les risques avant leur apparition. On agit sur les différents facteurs de risques évoqués plus haut pour prévenir en amont de l’apparition de ces risques. Par exemple, on met en place des groupes de travail collaboratifs, on forme les managers au suivi de leur subordonnés dans de bonnes conditions de temps, de charge de travail… la prévention primaire touche en profondeur à l’organisation du travail, aux styles managériaux, aux modes de fonctionnement de l’entreprise et aux conditions de travail.

La prévention primaire vise donc à intervenir avant que la situation ne se soit dégradée, elle agit sur les facteurs de risques.

La prévention secondaire des risques psychosociaux

La prévention secondaire des risques psychosociaux vise à limiter les impacts des risques présents dans les entreprises sur la santé des salariés. Dans une entreprise, soumis à de fortes pressions sur les objectifs, on peut développer les compétences des professionnels afin de mieux réguler les flux de travail et la charge de travail (planification, prise de recul, ventilation de la charge de travail, identification des priorités, etc.)

Dans la prévention secondaire, il s’agit d’intervenir après que la situation se soit dégradée mais avant qu’elle n’ait de conséquences dommageables pour les salariés. On agit donc sur les risques.

La prévention tertiaire des risques psychosociaux

La prévention tertiaire des risques psychosociaux vise à agir sur les conséquences des risques de manière curative. Cela peut concerner la mise en place d’une cellule psychologique suite à une situation difficile dans l’entreprise (plan social, décès d’un salarié, changement profond dans l’organisation…). Ici nous sommes en présence de salariés dont la santé est dégradée et qu’il faut soutenir.

Dans la prévention tertiaire l’intervention prend place lorsque la situation est dégradée et que des conséquences sur les salariés sont présentes (absences, plaintes, départs…). On agit sur les conséquences des risques.

Vous pouvez vous aider de ces trois types de prévention pour structurer votre document unique et pour mettre en place les actions qui en découlent. Vous devez bien sûr au maximum prévenir les risques en amont de leur apparition et donc donner toute la place nécessaire à la prévention primaire. Cependant, soyez conscients qu’il est fortement possible que certains de vos salariés aillent mal et qu’ils ne soient pas venus vous prévenir, ni vous ni les médecins du travail. Les salariés sont des individus à part entière qui peuvent être en souffrance malgré les mesures préventives mises en place en amont. Prévoyez dans votre plan des actions primaires, secondaires et tertiaires.

Quelles actions mettre en place ?

Il n’y a pas de façon unique de mettre en place une prévention des RPS en entreprise car toutes les entreprises ne sont pas soumises aux mêmes risques ! Comme nous l’avons vu, la première étape d’une bonne prévention est de mettre en évidence les risques inhérents à votre entreprise. La seconde est de mettre en place les actions de prévention primaire, secondaire et tertiaire.

Bien évidemment cette tache n’est pas évidente car vous n’êtes pas spécialiste des risques psychosociaux et vous ne savez pas par quel bout vous y prendre, ce qui est bien normal. Ne restez donc pas seuls devant cette tâche et faites appel à des personnes en interne (le service de santé au travail) ou à des tiers qui sauront vous conseiller.

Dans le cas où vous n’auriez pas les compétences en interne, il est plus que conseillé de faire appel à un expert, c’est-à-dire un cabinet de prévention des risques psychosociaux qui fera le travail de repérage des risques liés à votre activité et votre organisation. Il vous fera des recommandations sur les actions à mettre en place. Nous vous conseillons d’être suivi chaque année par ce cabinet pour vous assurer du bon fonctionnement des actions mises en place et pour refaire régulièrement le point sur d’éventuels nouveaux risques.

Qui consulter ?

Ici, chaque entreprise fera son choix en fonction de sa taille et ses attentes.

Happineo a une quinzaine de cabinets de risques psychosociaux partenaires. N’hésitez pas à nous contacter à l’adresse contact@happineo.com en nous exposant votre situation pour que nous puissions vous orienter  !

Conclusion

La chose la plus importante à retenir dans cet article est qu’il ne faut surtout pas minimiser la prévention des risques psychosociaux. Non seulement, elle constitue aujourd’hui une obligation légale, ce qui est déjà une bonne raison de s’en préoccuper. Mais elle permet avant tout de faire changer les choses dans votre entreprise, de minimiser les risques de stress, de burn-out et d’absences répétées pour orienter votre structure vers un mieux-être, une estime de soi et un accomplissement professionnel. Préserver la santé des salariés est également un moyen de les aider à s’épanouir dans leur travail et ainsi de gagner en productivité !

Crédits :

  • Photo designée par jcomp / Freepik
  • Balance designée par Iris Li from the Noun Project
  • Avec l’aimable participation d’Izilaw, plateforme de mise en relation avec des avocats, notamment spécialisés en droit du travail