L’Hystérie : à l’origine de l’insatisfaction dans le couple ?

Couple

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Dès que l’on parle d’hystérie, la première image qui vient à l’esprit est celle d’une femme folle, dite « hystérique » : c’est la figure de l’ « allumeuse », cruelle et castratrice. Cette image ancrée dans l’imaginaire collectif n’est pas sans lien avec le syndrome psychique (trouble mental à l’origine d’un mal-être) identifié par le célèbre fondateur de la psychanalyse S. Freud. Néanmoins, l’hystérie se caractérise avant tout par une insatisfaction tenace et générale, n’épargnant donc pas la sphère affective. On peut alors se demander si les échecs dans vos relations portés par l’insatisfaction de votre partenaire pourraient trouver leur origine dans ce trouble psychique.

L’hystérie comme un problème d’engagement

L’hystérique, éternel insatisfait, entreprend la recherche inconditionnelle de la reconnaissance de l’autre en adoptant autant de stratégies que nécessaire pour être désiré : il provoque le désir pour mieux pouvoir se refuser à l’autre. L’hystérique s’assurera toujours de prendre la fuite dès que l’engagement se concrétisera, certainement pour profiter des bénéfices que l’échec constant lui procure. En effet, la personne hystérique est réticente à l’engagement, ce qui procure une souffrance à son partenaire. La satisfaction de l’hystérique réside dans cette souffrance provoquée par le refus. La superficialité est d’ordre, puisqu’il s’agit donc de jouer d’apparences autant que de sentiments, comme s’il incarnait un personnage dans une mise en scène. Il se positionne toujours en objet de la demande, niant ainsi son propre désir pour s’éviter d’avoir à la reconnaître. Mais pourquoi agit-il ainsi ?

Etes-vous concerné ?

Selon Freud, la personne hystérique se défend d’une représentation inacceptable, le plus souvent donc de nature sexuelle. Celle-ci sera par ailleurs reportée dans le corps, c’est pourquoi on observe toujours chez l’hystérique des troubles somatiques dits fonctionnels. Ils peuvent prendre la forme de crampes, de palpitations, de nausées, d’une toux ou d’une boule dans la gorge (globe hystérique) qui ont toujours la particularité de résister à tout traitement médicamenteux. Egalement, aucune atteinte organique ne peut jamais être constatée : c’est bien parce que ces symptômes prennent leur origine dans la sphère mentale.

 

Les symptômes peuvent également être :

  • Le théâtralisme : une tendance à attirer l’attention sur soi et à se faire remarquer
  • La superficialité : les émotions exprimées sont poussés à l’excès
  • L’insatisfaction générale et les plaintes
  • L’humeur instable
  • La suggestibilité : le fait d’être influençable
  • La dépendance affective
  • Des troubles de la sexualité
  • La mythomanie
  • L’égocentrisme
  • Cependant, il n’est pas aisé de se diagnostiquer hystérique car la société dans laquelle nous vivons nous mène à confusion sur la question.

Pourquoi est-ce difficile de reconnaître l’hystérie ?

Effectivement, il est aisé de s’identifier au tableau dépeint : la névrose hystérique est un syndrome qui depuis toujours, semble aller de pair avec le mode de vie contemporain en Occident (toujours en demander davantage, l’importance de l’image, l’intérêt porté à la santé et au corps…). Les formes relationnelles aujourd’hui se libèrent et se multiplient, et cette évolution dans les rapports sociaux peut alimenter le doute et l’insatisfaction qu’une relation de couple peut générer.

 

 

Petit point historique

La névrose hystérique, grande énigme médicale du XIXe siècle mettant en échec tout à tour les traitements proposés par la médecine, constitue la preuve qu’il existe un inconscient responsable de maux tant psychiques que physiques. En effet, c’est via la cure psychanalytique (qui lui a d’ailleurs été suggérée par l’une de ses patientes en lui imposant de se taire pour la  laisser parler) que S. Freud découvre le principe cathartique de la parole : une fois « débloqué » en étant énoncé, ce qui fit traumatisme dans l’enfance d’un sujet hystérique cesse d’alimenter le conflit psychique inconscient, et le symptôme, jouant le rôle de compromis, n’a dès lors plus lieu d’être. La disparition des symptômes après une cure analytique prouve ainsi que le sujet n’est pas entièrement maître de sa pensée.

 

 

En analysant, nous pouvons conclure que notre société nous donne une représentation confuse de l’hystérie : cette dernière est souvent déformée. En effet, l’hystérie est plus subtile qu’elle n’en a l’air et nécessite qu’on s’y intéresse davantage. Par exemple, dans la sphère affective, l’hystérie peut être problématique et à l’origine de nombreux maux au sein du couple. Cependant l’hystérie n’est pas réellement identifiable de nous-même, il est donc essentiel de faire appel à des professionnels en la matière : les psychologues.

 

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