Le trouble panique : le comprendre et y faire face

Thérapie

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L’anxiété est le trouble le plus répandu, avant même le trouble dépressif : il concerne entre 15 et 30% de la population générale française. Parmi ces troubles anxieux est distingué le trouble panique.

Il se caractérise par une récurrence d’attaques de panique sur fond d’anxiété chronique. Selon l’ESEMeD, 9.4% de la population générale, dont 2/3 sont des femmes, a déjà été victime d’une de ces crises. Mais de quoi s’agit-il au juste ?

Reconnaître la crise de panique

Une attaque de panique est un épisode aigu d’anxiété caractérisé par un début brutal, une grande intensité et un sentiment de perte de contrôle de soi, voire de catastrophe imminente.

Selon le DSM-V, au moins quatre de ces symptômes doivent accompagner la sensation de peur intense pour que l’événement soit qualifié de crise de panique.

  • Palpitations, tachycardie.
  • Sueurs.
  • Tremblements.
  • Sensation d’étouffement ou d’essoufflement.
  • Difficulté de déglutition.
  • Douleurs ou inconfort thoracique.
  • Nausées ou troubles digestifs.
  • Sensations de vertiges, d’instabilité, de tête vide ou de malaise.
  • Sensations de froid ou de chaud.
  • Sensations d’engourdissement ou de fourmillement.
  • Sentiment de détachement de soi-même ou d’irréalité.
  • Peur de perdre le contrôle ou de devenir fou.
  • Peur de mourir (les douleurs thoraciques peuvent faire croire à une crise cardiaque).

 

Le sentiment d’urgence que la crise induit amène à l’arrêt des activités en cours. La décroissance de l’intensité de l’épisode est progressive et peut s’étaler sur quelques heures.

L’anxiété chronique dans le trouble panique

A la suite des premières attaques de panique commence à apparaître l’anxiété dite secondaire qui, contrairement à l’attaque de panique, est plus diffuse. On parle d’anxiété anticipatoire : c'est la crainte de voir se reproduire une crise dans certaines situations, par exemple non sécurisantes ou d’où il n’est pas possible de s’échapper.

De cette anxiété peut naître l’agoraphobie, souvent liée au trouble panique : elle consiste en l’évitement des endroits publics, des transports, des situations d’immobilisation ou d’attente, des endroits clos, isolés ou éloignés, de l’effort physique ou des émotions intenses.

Contrairement à la phobie sociale, le trouble panique découle de symptômes physiques et de sensations internes, alors que la phobie sociale naîtra de la confrontation au regard et au jugement d’autrui, soit une source externe.

 

Le trouble panique se définit donc comme la récurrence d’attaque sur fond d’anxiété anticipatoire (pendant au moins un mois) associé ou non à une agoraphobie.

Comment cela se fait-il ?

Plusieurs facteurs peuvent être à l’origine de ce trouble.

  • Des traits de personnalité anxieux ou évitant.
  • Une continuité de difficultés personnelles ou d’événements traumatisants.
  • Des facteurs toxiques, par exemple la caféine.
  • Des facteurs médicaux, par exemple l’hyperthyroïdie ou l’hypoglycémie.

En fait, la crise de panique est entretenue par des modifications physiologiques inattendues qui donnent lieu à une « interprétation catastrophique », vous amenant à vous concentrer sur l’évolution de votre malaise, ce renforçant le cercle vicieux (on parle d’hyper vigilance à l’état physiologique). La crainte tient aux conséquences possibles des crises. Vous cherchez donc à éviter les situations où elles se produisent et renforcez ainsi votre agoraphobie.

 

Malgré la sensation de mort imminente, la crise de panique reste sans danger. Pour calmer cet état d’urgence, des techniques de respiration peuvent être appliquées (respiration par le ventre, sac en papier…). Une thérapie cognitivo-comportementale est conseillée pour apprendre à gérer ces situations de stress intense, et réduire l’anxiété chronique qui en découle, quand une psychothérapie ira chercher la source de cet excès de stress dans votre vie.

Petit point physiologique

La peur fait partie du système d’alerte qui se déclenche face à une menace : il prépare le corps à l’action par diverses modifications physiologiques, en augmentant notamment l’activité respiratoire et du cœur. C’est la fameuse réponse “combat-fuite” (“fight or flight response” en anglais).

L’anxiété constitue en fait un dérèglement de ce système d’alerte.

 Parler avec un psychologue

Source :

Boulenger, J. & Capdevielle, D. (2014). 15. Attaques de panique, trouble panique et agoraphobie. Dans Les troubles anxieux (pp. 144-154). Cachan, France: Lavoisier. doi:10.3917/lav.boule.2014.01.0144.

 

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